Symboles de la sorcière : des signes "sacrés" les plus anciens au balai et au chat noir
Dernière mise à jour : 14 oct.
Main, spirale, pentagramme, Lune, chaudron, balai, grimoire, chat noir… d’où viennent réellement les symboles associés à la magie et à la sorcellerie ?
Dessinez une sorcière.
Même si vous affirmez ne pas savoir dessiner, il y a de fortes chances que quelques éléments apparaissent rapidement.
Un chapeau pointu.
Un balai.
Un chaudron.
Peut-être un chat noir installé quelque part avec cet air légèrement supérieur que les chats maîtrisent naturellement très bien.
Ajoutez une Lune, quelques plantes, un vieux grimoire et une bougie, et personne ne vous demandera ce que vous avez voulu représenter.
Nous avons appris à reconnaître la sorcière grâce à ses symboles.
Mais quelque chose est étrange.
Ces symboles n'ont pas tous la même origine.
Ils ne viennent ni de la même époque, ni de la même culture, ni même des mêmes croyances.
Certains sont extrêmement anciens.
D'autres sont beaucoup plus récents que nous l'imaginons.
Certains ont réellement été associés à des pratiques rituelles ou protectrices.
D'autres sont issus des accusations portées contre les personnes soupçonnées de sorcellerie.
Et quelques-uns doivent probablement une bonne partie de leur célébrité aux contes, aux artistes, à la littérature, au cinéma… et désormais à Halloween.
Pour comprendre les symboles de la sorcière, il faut donc faire quelque chose d'un peu surprenant :
remonter à une époque où la sorcière n'existait pas encore.
Très loin.
Des dizaines de milliers d'années avant son fameux chapeau.
En résumé
Les symboles associés aujourd'hui à la sorcellerie proviennent d'époques et de traditions très différentes. Bien avant l'apparition de la sorcière européenne, les humains gravaient et peignaient déjà des mains, animaux, lignes, points et motifs géométriques dont la signification précise reste souvent inconnue.
Au cours de l'histoire, des formes comme le cercle, l'étoile ou certains motifs géométriques ont reçu des significations religieuses, protectrices ou rituelles différentes selon les cultures.
La sorcière occidentale telle que nous la reconnaissons aujourd'hui se construit beaucoup plus tard. Le balai apparaît dans l'iconographie de la sorcellerie à la fin du Moyen Âge ; les animaux familiers deviennent importants dans les croyances et procès de l'époque moderne ; le chaudron, les plantes et divers objets domestiques sont progressivement intégrés à son univers.
Il n'existe donc pas un ensemble immuable de « symboles ancestraux de la sorcière ». La sorcière moderne est plutôt l'héritière d'un immense collage symbolique construit au fil des siècles.
Avant les symboles de sorcière : les premières traces symboliques de l'humanité
Il serait très tentant de regarder un signe gravé il y a 30 000 ans et d'affirmer :
« Voilà un symbole magique. »
Le problème est assez simple.
La personne qui l'a gravé n'est plus disponible pour répondre à nos questions.
Et l'archéologie doit travailler avec ce qui subsiste.
Les recherches sur l'art paléolithique ont néanmoins mis en évidence une immense variété de représentations : animaux, empreintes ou pochoirs de mains, points, lignes et formes géométriques.
Certaines manifestations graphiques non figuratives européennes remontent à plus de 40 000 ans. D'autres comportements graphiques sont encore beaucoup plus anciens : des morceaux d'ocre gravés provenant de Blombos, en Afrique du Sud, présentent par exemple des motifs géométriques vieux d'environ 75 000 ans.
Nous savons donc que l'humanité produit des signes depuis extrêmement longtemps.
En revanche, savoir exactement ce qu'ils signifiaient est une autre histoire.
La main : l'un des symboles les plus bouleversants
Parmi toutes ces traces, j'ai une tendresse particulière pour la main.
Parce qu'elle traverse les millénaires d'une manière presque vertigineuse.
Une personne pose sa main contre une paroi.
Elle projette du pigment autour.
Elle retire sa main.
Et des milliers d'années plus tard, nous pouvons encore la voir.
Des recherches récentes sur les pochoirs de mains paléolithiques insistent justement sur leur caractère particulier : ils sont à la fois une image volontaire et la trace physique directe d'une personne ayant réellement été là. Leur fonction exacte fait toujours débat : identité, communication, dimension sociale, culturelle ou symbolique… plusieurs interprétations ont été proposées.
Et c'est une première leçon essentielle pour notre voyage :
un symbole ancien peut être certain ; sa signification peut ne pas l'être.
Nous devons parfois accepter le mystère plutôt que le remplir avec notre imagination.
Points, lignes, croix, zigzags : les premiers langages graphiques ?
Dans l'art préhistorique apparaissent également de nombreux signes non figuratifs.
Points.
Traits.
Croix.
Grilles.
Zigzags.
Formes répétées.
Certaines recherches ont proposé que certains ensembles puissent avoir constitué des systèmes de notation ou de communication. Une étude publiée dans le Cambridge Archaeological Journal a notamment proposé une interprétation de certains signes paléolithiques associés aux animaux comme un système de notation lié aux cycles saisonniers ; il s'agit d'une hypothèse de recherche, pas d'un alphabet préhistorique définitivement déchiffré.
Voilà une nuance que j'aime beaucoup.
Nos ancêtres pouvaient utiliser des signes sans que nous sachions encore les lire.
Spirales, cercles et motifs géométriques : attention aux légendes modernes
Avec le Néolithique et les périodes suivantes apparaissent dans différentes régions d'Europe des motifs géométriques complexes : spirales, cercles, losanges, zigzags, cupules et combinaisons de formes.
Les spirales sont particulièrement fascinantes.
Aujourd'hui, elles sont volontiers interprétées comme des symboles de cycle, de vie, de mort, de renaissance, de Soleil ou d'énergie.
Certaines de ces interprétations peuvent être pertinentes dans certains contextes.
Mais une spirale préhistorique ne possède pas automatiquement une traduction universelle.
L'art rupestre préhistorique britannique et irlandais comporte effectivement spirales, anneaux, losanges et zigzags, notamment dans des contextes néolithiques. Leur présence archéologique est réelle ; leur attribuer une signification spirituelle unique valable partout et toujours serait en revanche beaucoup plus aventureux.
C'est valable pour énormément de symboles.
Ancien ne signifie pas universel.
Le cercle : probablement l'une des formes les plus puissantes de notre imaginaire
Le cercle apparaît dans d'innombrables cultures.
Et ce n'est finalement pas très étonnant.
Le Soleil est rond.
La pleine Lune aussi.
Le cycle des saisons revient.
Les astres se déplacent.
Nous vivons entourés de phénomènes cycliques.
Au fil des civilisations, le cercle a donc pu représenter des choses extrêmement différentes : totalité, astres, éternité, protection, cycle ou perfection.
Mais là encore, il faut résister à l'envie de créer une immense religion universelle du cercle qui aurait traversé intacte toute l'histoire humaine.
Les symboles voyagent.
Et surtout, ils changent de sens.
Le pentagramme : bien avant d'être « un symbole de sorcière »
Voilà probablement l'un des meilleurs exemples.
Aujourd'hui, une étoile à cinq branches dessinée dans un cercle suffit parfois à faire surgir immédiatement tout un imaginaire de sorcellerie.
Pourtant, le pentagramme est très ancien.
Des formes étoilées à cinq branches sont attestées depuis l'Antiquité et ont reçu au fil des siècles des significations extrêmement différentes.
Au Moyen Âge européen, le pentangle pouvait même être utilisé comme symbole protecteur, et non comme représentation du mal. Historic England signale des pentangles parmi les marques apotropaïques gravées dans des bâtiments afin de repousser ce qui était considéré comme maléfique.
Ce renversement est délicieux :
un symbole que certains associent aujourd'hui spontanément au danger a également servi… à s'en protéger.
Son association moderne avec différentes traditions occultes, ésotériques, néopaïennes ou wiccanes appartient à une histoire beaucoup plus récente.
Un symbole peut donc survivre pendant des millénaires sans conserver la même signification.
Les véritables « marques de sorcières »… servaient parfois à repousser les sorcières
Attention, petite merveille historique.
Dans différents bâtiments anciens d'Europe, notamment en Grande-Bretagne, des chercheurs ont identifié ce que l'on appelle couramment des witches' marks, ou « marques de sorcières ».
On pourrait imaginer qu'il s'agissait de signatures laissées par des sorcières.
Pas du tout.
Le terme désigne notamment des marques apotropaïques, c'est-à-dire destinées à détourner ou repousser le mal.
On en retrouve près des portes, fenêtres et cheminées : précisément les endroits considérés comme des passages possibles vers l'intérieur d'une habitation.
Parmi elles figurent des cercles, des pentangles, des motifs entrelacés et surtout l'hexafoil, sorte de fleur géométrique à six pétales parfois appelée daisy wheel.
Historic England indique que les hexafoils sont attestés dans des bâtiments anglais depuis la période médiévale jusqu'au XIXe siècle, tout en précisant que leur fonction exacte reste discutée : marque protectrice, décoration ou parfois exercice géométrique.
Et j'adore cette histoire parce qu'elle montre à quel point notre vocabulaire peut nous piéger :
certaines « marques de sorcières » étaient probablement gravées par des personnes qui voulaient justement empêcher les sorcières d'entrer.
On ne peut pas faire beaucoup plus ironique. 😄
Quand apparaît enfin notre sorcière au balai ?
Nous voilà au fameux balai.
Objet parfaitement banal.
On nettoie la maison avec.
Et un beau jour, quelqu'un décide apparemment que c'est également un moyen de transport aérien.
Comment avons-nous fait ce grand écart ?
L'une des premières représentations datables connues d'une sorcière chevauchant un balai apparaît dans un manuscrit de 1451 du Champion des Dames de Martin Le Franc : deux femmes y sont représentées en vol, l'une sur un balai et l'autre sur un bâton.
C'est extrêmement intéressant parce que le balai est alors un objet domestique ordinaire.
Son association avec la femme, le foyer et les tâches ménagères en fait probablement un support particulièrement efficace pour représenter une femme supposée transformer l'ordre quotidien en quelque chose de transgressif ou surnaturel.
Mais attention à une autre légende très répandue : les histoires expliquant le vol des sorcières uniquement par l'utilisation d'onguents hallucinogènes appliqués sur les balais sont souvent présentées avec beaucoup plus de certitude que les sources historiques ne le permettent.
L'histoire réelle est suffisamment fascinante.
Pas besoin d'ajouter du carburant au balai. 🧹
Le chaudron : de la cuisine à la magie
Le chaudron, lui aussi, commence par être quelque chose de terriblement peu surnaturel.
On cuisine dedans.
Pendant des siècles, de grands récipients placés sur le feu servent à préparer nourriture, boissons et remèdes domestiques.
Mais imaginez l'image.
Le feu.
Un récipient noir.
Des plantes.
De la vapeur.
Une personne mélangeant une préparation dont vous ignorez le contenu.
Il n'en fallait probablement pas énormément pour que l'imaginaire s'en empare.
À la Renaissance et à l'époque moderne, art et littérature renforcent progressivement le lien entre chaudron, poison et sorcellerie. Et Shakespeare donnera au chaudron des trois sorcières de Macbeth une postérité absolument phénoménale. Les représentations populaires ont ensuite contribué à en faire l'un des accessoires incontournables de la sorcière.
Le chaudron possède donc une histoire assez merveilleuse :
objet quotidien → récipient de transformation → objet littéraire → icône magique.
Les plantes : entre savoir réel et imaginaire magique
Les plantes méritent une place particulière.
Parce qu'ici se rencontrent médecine traditionnelle, alimentation, poison, parfum, religion, croyances populaires et magie.
Des plantes ont été utilisées depuis des millénaires pour soigner, parfumer, colorer, cuisiner ou accomplir différents rites.
Certaines sont toxiques.
Certaines modifient effectivement la perception.
D'autres ont reçu une valeur protectrice ou symbolique.
Mais il faut éviter un raccourci que nous avons déjà rencontré dans notre premier article :
toutes les personnes accusées de sorcellerie n'étaient pas des guérisseuses expertes en plantes.
La sorcière-herboriste telle que nous l'imaginons aujourd'hui est en partie historique, en partie folklorique et en partie reconstruite par notre imaginaire contemporain.
Ce qui n'enlève rien à la véritable histoire des savoirs populaires liés aux plantes.
Pourquoi la sorcière possède-t-elle un chat noir ?
Pauvre chat noir.
Il dormait tranquillement.
L'humanité lui a construit toute une carrière dans les forces occultes sans lui demander son avis.
Dans l'Europe médiévale tardive et moderne, différents animaux pouvaient être associés au surnaturel.
Mais le concept de familier devient particulièrement important dans certaines traditions de sorcellerie anglaise.
Les procès et pamphlets des XVIe et XVIIe siècles parlent d'esprits familiers prenant notamment l'apparence de chats, chiens, souris, crapauds, belettes et autres animaux. Une étude historique consacrée aux procès anglais montre que ces familiers occupaient une place importante dans les récits de sorcellerie de l'époque.
Donc surprise :
le familier de la sorcière n'était absolument pas condamné à être un chat noir.
Le chat s'est simplement montré extraordinairement doué pour décrocher le premier rôle.
Sa couleur noire a renforcé son association avec la nuit, le mystère et l'invisible dans l'imagerie occidentale.
Et plusieurs siècles de contes, d'illustrations et de culture populaire ont fait le reste.
Le crapaud, le corbeau et les autres compagnons
Le crapaud possède lui aussi une longue carrière magique.
Son apparence, son lien avec les milieux humides, certaines sécrétions toxiques et sa métamorphose spectaculaire du têtard à l'animal adulte ont nourri différents imaginaires.
Dans les sources de l'époque moderne, il apparaît également parmi les animaux pouvant être interprétés comme des familiers.
Le corbeau et la corneille possèdent quant à eux des histoires symboliques bien plus anciennes et beaucoup plus vastes que la sorcellerie : mort, guerre, intelligence, présage ou messager selon les cultures.
Et là encore :
un animal associé aujourd'hui à la sorcière n'est pas nécessairement né comme symbole de sorcellerie.
La Lune : un symbole ancien devenu incontournable
La Lune n'appartient évidemment pas aux sorcières.
Elle appartient à tout le monde.
Mais cela fait précisément partie de sa puissance symbolique.
Visible partout, changeante et pourtant régulière, elle permet aux humains d'observer directement un cycle céleste.
De nombreuses civilisations ont construit des calendriers, des mythes et des divinités en relation avec elle.
Plus tard, différents courants ésotériques et néopaïens vont accorder une importance particulière aux phases lunaires.
C'est ainsi que le croissant, la pleine Lune et, plus récemment dans certains milieux, le symbole de la triple Lune vont intégrer l'imagerie de la sorcière contemporaine.
Mais une fois encore, prudence :
voir une Lune sur un objet ancien ne signifie pas que nous avons découvert un objet de sorcellerie.
La Lune possède une histoire symbolique infiniment plus vaste.
Le grimoire : quand la magie se met à l'écrit
Le livre ancien est devenu un autre compagnon incontournable.
Couverture de cuir.
Pages jaunies.
Symboles mystérieux.
Écriture incompréhensible.
Évidemment, dans les films, il faut de préférence qu'il s'ouvre tout seul.
Le mot grimoire désigne historiquement des ouvrages contenant des recettes, invocations, prières, instructions rituelles, talismans ou opérations magiques.
Mais les grimoires historiques appartiennent surtout aux traditions de magie savante et cérémonielle.
Ils n'étaient pas nécessairement les petits carnets secrets de la vieille sorcière du village.
La culture populaire a progressivement fusionné ces univers.
Aujourd'hui, le grimoire est devenu presque l'équivalent magique du carnet personnel.
Et le fameux chapeau pointu ?
Alors lui…
quel bazar. 😂
Il existe énormément d'explications.
Le hennin médiéval.
Les chapeaux de femmes quakers.
Des couvre-chefs imposés à certaines populations juives dans l'Europe médiévale.
Des vêtements associés à des groupes considérés comme marginaux ou hérétiques.
Les brasseuses.
Les Puritains.
Les représentations théâtrales.
Le problème ?
Nous ne possédons pas aujourd'hui une origine unique et solidement établie du chapeau de sorcière.
Les historiens de la culture et du costume évoquent plusieurs influences possibles, mais la filiation directe reste discutée. Certaines explications extrêmement populaires sur Internet — notamment celle qui ferait simplement descendre le chapeau des brasseuses médiévales — sont beaucoup moins certaines qu'elles n'en ont l'air.
Ce que nous pouvons observer plus solidement, c'est que l'imprimerie et la diffusion massive d'illustrations ont progressivement contribué à standardiser l'apparence de la sorcière.
Lorsque certaines caractéristiques sont répétées encore et encore, elles deviennent un code visuel.
Et aujourd'hui ?
Enlevez le chapeau.
Vous avez une dame.
Remettez-le.
SORCIÈRE.
L'efficacité graphique est absolument remarquable. 😂
Pourquoi la sorcière porte-t-elle du noir ?
Le noir possède lui aussi une multitude de significations.
Nuit.
Mort.
Deuil.
Mystère.
Autorité.
Élégance.
Religion.
Et parfois simplement…
un vêtement noir.
Les vêtements sombres étaient courants à différentes périodes historiques et il serait absurde de considérer chaque robe noire ancienne comme un uniforme magique.
Mais dans l'imagerie occidentale, l'association entre noir, nuit et inquiétude en a fait une couleur idéale pour représenter la sorcière.
Puis Halloween, le théâtre, l'illustration et le cinéma ont définitivement signé le contrat.
Le symbole ancien n'a pas forcément le sens qu'on lui donne aujourd'hui
C'est probablement la chose la plus importante que j'ai découverte en préparant cet article.
Nous aimons les histoires continues.
Nous aimerions pouvoir dire :
« Cette spirale signifiait la déesse il y a 8 000 ans, puis les Celtes l'ont utilisée ainsi, puis les sorcières l'ont reprise et aujourd'hui elle signifie toujours exactement la même chose. »
C'est magnifique.
Mais l'histoire fonctionne rarement aussi proprement.
Un même dessin peut apparaître indépendamment dans plusieurs cultures.
Un symbole peut disparaître puis être redécouvert.
Il peut conserver sa forme tout en changeant totalement de signification.
Il peut être religieux à une époque, décoratif à une autre, protecteur ailleurs et devenir finalement un symbole identitaire moderne.
Et surtout, nous projetons parfois nos croyances actuelles sur des objets anciens qui ne peuvent plus nous expliquer leur fonction.
Les archéologues eux-mêmes soulignent combien l'interprétation des signes préhistoriques exige de distinguer ce que nous observons de ce que nous supposons.
Le mystère reste donc présent.
Simplement, nous cessons de lui inventer une réponse.
La sorcière moderne : un incroyable collage de milliers d'années de symboles
Et nous voilà aujourd'hui.
Imaginez une sorcière contemporaine.
Elle porte peut-être un pentacle.
Elle observe les phases de la Lune.
Elle allume une bougie.
Elle utilise des plantes.
Elle possède un tarot.
Elle dessine un cercle.
Elle conserve des pierres.
Elle tient un carnet qu'elle appelle éventuellement son grimoire.
Peut-être possède-t-elle un chat.
Et si elle possède effectivement un chat noir, soyons honnêtes : il est probablement persuadé que tout cet univers a été créé pour lui.
Mais regardons ce décor autrement.
Tous ces objets ne viennent pas d'une seule tradition ancestrale.
Ils sont le résultat de milliers d'années de circulation, de transformation et de réinterprétation des symboles.
Et c'est peut-être beaucoup plus fascinant que l'idée d'une tradition parfaitement intacte.
Le conseil de Chantal
Lorsque vous découvrez qu'un symbole est présenté comme « ancestral », ne vous arrêtez pas à cette seule affirmation.
Demandez-vous :De quelle culture vient-il ? De quelle époque ? Avons-nous réellement retrouvé ce symbole ? Et surtout : savons-nous ce qu'il signifiait pour les personnes qui l'utilisaient ?
Nous pouvons aimer les symboles, leur donner aujourd'hui une signification personnelle et conserver notre part de mystère sans leur inventer une histoire.À mes yeux, connaître leur véritable parcours ne leur retire rien.
Au contraire : cela les rend encore plus fascinants.
FAQ — Symboles de sorcière et symboles anciens
Quel est le plus ancien symbole magique connu ?
Il est difficile de parler du « plus ancien symbole magique », car identifier un signe archéologique ne permet pas automatiquement de connaître sa fonction. Des motifs géométriques intentionnels extrêmement anciens sont connus, notamment sur des ocres gravées de Blombos datant d'environ 75 000 ans, tandis que mains, animaux et signes non figuratifs sont abondamment attestés dans l'art paléolithique ultérieur. Les qualifier précisément de « magiques » irait cependant au-delà de ce que l'archéologie permet d'affirmer.
Quels sont les principaux symboles de la sorcière ?
Dans l'imaginaire occidental contemporain, les plus reconnaissables sont le balai, le chaudron, le chapeau pointu, le chat noir, la Lune, le pentagramme, les plantes, le grimoire, la baguette et différents animaux. Ils n'ont cependant ni la même origine ni la même ancienneté.
Pourquoi les sorcières volent-elles sur un balai ?
Le balai était un objet domestique fortement associé au foyer. L'une des premières représentations datables connues de femmes assimilées à des sorcières volant sur un balai apparaît dans un manuscrit français de 1451 du Champion des Dames. L'image s'est ensuite diffusée et est devenue l'un des grands codes visuels de la sorcière.
Le pentagramme est-il un symbole maléfique ?
Non, pas intrinsèquement. L'étoile à cinq branches a reçu de nombreuses significations selon les époques. Dans l'Europe médiévale et moderne, des pentangles ont notamment été utilisés comme marques protectrices destinées à repousser le mal.
Qu'est-ce qu'une marque de sorcière ?
L'expression peut être trompeuse. Les witches' marks étudiées dans certains bâtiments historiques sont souvent des marques apotropaïques : des symboles gravés près des ouvertures pour protéger les lieux contre les esprits malveillants ou la sorcellerie.
Du signe préhistorique au chapeau pointu
Au fond, notre voyage a commencé bien avant la sorcière.
Avec une main posée contre une paroi.
Un trait.
Un point.
Une forme répétée.
Un animal.
Puis les civilisations ont inventé leurs propres signes, leurs propres protections et leurs propres manières de représenter ce qu'elles ne pouvaient pas toujours expliquer.
Les religions sont apparues.
Les croyances ont changé.
Les symboles ont voyagé.
Certains ont été oubliés.
D'autres réinterprétés.
Puis l'Europe a imaginé ses sorcières.
Elle leur a donné des animaux.
Un balai.
Un chaudron.
Des plantes.
Des livres.
Et finalement ce fichu chapeau pointu dont personne ne parvient à établir définitivement pourquoi il a obtenu le poste. 😂
La littérature, l'imprimerie, les contes, le cinéma et la culture populaire ont assemblé tout cela.
Et c'est ainsi qu'aujourd'hui, quelques objets suffisent à nous raconter immédiatement une histoire.
La véritable magie des symboles est peut-être là : ils peuvent traverser les siècles alors même que leur signification continue de changer.
Chantal Vitalis
Pour aller plus loin : je vous propose de visiter mon cabinet de curiosités qui contient lui aussi de nombreux symbôles ...






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